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mercredi 7 octobre 2026

Ressources en eau en Saône-et-Loire à l'horizon 2050-2070

Auteur : S.D.

Avec 8 000 km de cours d'eau et plus de 5 000 plans d'eau, la Saône-et-Loire pourrait paraître suffisamment pourvue en ressource hydrique. Pourtant, cette abondance apparente ne garantit pas que suffisamment d'eau sera disponible partout et toute l'année dans les prochaines décennies. L'étude prospective « Eau et Climat », engagée en 2023 par le Département de Saône-et-Loire, avec le concours des Agences de l'eau Loire-Bretagne et Rhône-Méditerranée Corse, met en lumière les tendances évaluées à l'horizon 2050-2070.

Malgré les incertitudes, le changement climatique ne devrait pas nécessairement se traduire par une forte diminution des précipitations annuelles. Leur répartition dans l'année devrait en revanche évoluer.


Les projections retenues indiquent davantage de précipitations en hiver, mais des étés plus chauds, une évaporation accrue et des débits des cours d'eau nettement plus faibles entre mai et octobre. Selon les secteurs étudiés, les débits d'étiage pourraient diminuer de 7 à 73 %. [2] Dans le même temps, l'évolution de la consommation et des prélèvements en eau aurait tendance à augmenter : si certains usages pourraient voir leurs prélèvements diminuer, d'autres, dépendant du climat (irrigation, évaporation des plans d'eau) verraient leurs prélèvements évoluer à la hausse, particulièrement en période d'étiage.

Certains territoires apparaissent beaucoup plus vulnérables que d'autres. À moyen terme, les débits d'étiage pourraient par exemple diminuer d'environ 73 % sur l'Arroux, 71 % sur l'Arconce, 54 % sur la Grosne, 50 % sur la Bourbince et 36 % sur la Seille, contre environ 7 % sur la Dheune. 

L'étude estime l'augmentation estivale globale des prélèvements nets à environ 17 %.

Cette tendance, si non anticipée, amènera à davantage de situations dans lesquelles les besoins humains entrent en concurrence entre eux, mais aussi avec les besoins propres aux cours d'eau, zones humides et écosystèmes aquatiques.

À partir de cette prospective, 42 pistes d'action ont été élaborées avec les acteurs locaux et doivent maintenant être adaptées aux caractéristiques de chaque territoire. Parmi les leviers envisagés figurent la réduction des consommations et des fuites des réseaux, l'adaptation des pratiques agricoles et de l'irrigation, la réutilisation de l'eau par les activités économiques ou encore une meilleure infiltration des eaux pluviales.

L'étude accorde également une place importante au fonctionnement naturel du cycle de l'eau : restaurer les cours d'eau et les zones humides, ralentir les écoulements, favoriser l'infiltration dans les sols ou déconnecter certains plans d'eau des rivières.

Les résultats complets de l'étude sont disponibles sur le site du Département de Saône-et-Loire : L'eau, Prospective Ressources et Usages. 

Sont disponibles également les détails en fonction des bassins hydrographiques : 

Arconce, Arroux, Bourbince, Corne, Dheune, Doubs Guyotte, Grosne, Loire, Seille, Saône, Somme Cressonne, Sornin.